Receuil de reportages et de textes divers et variés sur l'histoire aéronautique pour faciliter la vie des chercheurs et des amateurs d'aviation.
MATRA R 80 & R 90
© Jacques Moulin
Plan d'époque d'origine CAPRA.
Etudié en 1942, le CAPRA R 80 est un avion-marin catapultable qui devait être construit pour le compte d'une compagnie Franco-Portugaise qui aurait été créée pour exploiter le transport du courrier sur la ligne Lisbonne-New York. Il s'agissait donc d'un appareil purement postal.
C'est un trimoteur quadriplace (outre le fret postal) dont la formule est très originale. Catapultable, il ne pouvait pas décoller sur l'eau : les hélices auraient été à moitié immergées. Pour contourner ce problème un dispositif devait bloquer les hélices bipales en position horizontale lors de l’arrêt moteur, ce dispositif incorporé au réducteur avait été étudié par Hispano-Suiza alors replié à Tarbes.
Les déplacements sur l'eau sont obtenus à l'aide d'un petit moteur marin placé à l'arrière de l'appareil et qui est descendu au moment des manœuvres. Ce moteur dirigeable par le pilote aurait permis d'effectuer de petits déplacements, par exemple pour se rendre sous la grue de l'appontement de catapultage.
Le système de structure des ailes est toujours le même que sur les premiers CAPRA, avec une poutre réservoir en inox soudé.
Les moteurs avant étaient montés cote à cote et attaquaient une boite d'engrenage servant en même temps de réducteur et qui entraînaient les deux hélices bipale.
Le moteur arrière était situé assez loin de l’hélice qu’il entraînait par une transmission assez longue, cette position était imposée pour des problèmes d'équilibrage de masse.
En l'air, la propulsion était assurée par deux moteurs à l'avant qui actionnaient deux hélices contrarotatives tractives. Un troisième moteur, placé à l'arrière, actionnait une hélice propulsive.
Une nouvelle fois Roger ROBERT avait innové, pour affiner au maximum l'appareil, si des prises d'air pour les radiateurs d'huiles sont sur l'avant du capot moteur, le circuit de refroidissement d'eau est déporter loin derrière le poste d'équipage, à mi-chemin des moteurs avant et arrière. L'air rentrait, comme sur le R.40, dans les bords d'attaques des ailes, la conduite forcé rejetait l'air loin derrière les ailes.
Les ballonnets stabilisateurs étaient rétractables.
L'appareil était évidemment muni d'un pilote automatique.
La mise en service de ces appareils entraînait une infrastructure spécifique, pour permettre le décollage, qui entraînait l'utilisation d'une grue et d'une catapulte de plus de soixante mètres de long, une belle machine... Elle aurait été construite par les Chantier de Penhoët.
Ces appareils devaient être construits au Portugal, mais évidemment rien n'était prévu à New-York, car les promoteurs de cette aventure n'avaient pas pu s'y rendre…
Le contact avec les autorités portugaises déjà bien engagé, mais trainait en longueur, était mené coté français par le célèbre pilote René Lefèvre qui était encore à Lisbonne en novembre 1942, lorsque les allemands envahir la zone dite « libre », Renè Lefèvre décida alors de rejoindre l’Afrique du nord libérée.
Le projet tomba a l’eau…
Caractéristiques
Envergure 24,83 m
Longueur 24,25 m
Surface alaire 65 m2
Poids par cheval (au décollage) 4,93 kg/ch
Poids au m2 264,50 kg/m2
Puissance au m2 57,6 ch/m2
Poids à vide équipé 9205 kg
Poids du combustible 7145 kg
Poids du lubrifiant 410 kg
Poids de l'équipage 390 kg
Charge commerciale 1850 kg
Poids total en ordre de marche 18 500 kg
Un autre plan plus large toujours d'origine Capra.
Moteurs:
3 Hispano-Suiza H-S 12Z de 1250 CV équipé de compresseur Szydlowski (Turboméca) (1) ou trois Allison( ?)
3 hélices bipales : diamètre 4,60 mètre.
Puissance nominale totale 3750 ch
Performances espérées
Vitesse de croisière 520 km/h
Altitude de croisière 8000 m
Consommation horaire 455 kg
Autonomie 15h 40 mn
Distance franchissable par vent nul 8000 km
Distance franchissable par vent contraire de 100 km/h 6500 km
Construction Tout-métal
(1) A cette époque ce moteur était loin d’être au point.
Un plan détaillé que j'avais réalisé en 1974 pour publication dasn le Trait d'Union .
Deux croquis extraits du brevet d'époque, déposé par Roger Robert..